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 Ce n'est que le soleil qui meurt sur l'horizon,
 Une larme de sang ruisselante du soir,
 Affichant les couleurs du pire des poisons,
 Elle enferme sans bruit les plus belles histoires.
 
 Deux goélands criards se disputent l'estran,
 L'océan indulgent gardien de la bataille,
 D'une vague d'humeur dans le froid pénétrant
 Chasse les importuns d'un embrun de mitraille.
 
 Les ombres de la nuit sous couvert du silence,
 Recouvrent les sapins, s'emparent du rivage,
 Semblent faire une pause et de nouveau s'élancent,
 Comme autant de monstres au sourire sauvage.
 
 L'océan consentant , avance à petits pas,
 S'embrasant tout d'un coup, ivre feu d'artifice,
 S'incline jusqu'aux flots pour fêter ce trépas,
 Dont il se fait comme chaque soir, le complice.
 
 Encore quelques et molles petites vagues,
 Les dernières du jour qui viennent s'échouer,
 Délaissant chichement deux ou trois lambeaux d'algues,
 Sur lesquels la lune, bientôt viendra jouer.
 
 Le jour enfin s'efface, abandonnant la dune,
 Plongeant vers d'autres lieux, incendiant d'autres sables,
 Avec pour seule vigie un passant sur la hune,
 Esseulé mais heureux dans l'heure insaisissable.
 
 Les rumeurs de la mer dans la nuit qui respire,
 S'installent lentement et se font plus discrètes,
 Sur la plage déserte où l'on s'attend au pire,
 Se réveillent déjà toutes les peurs secrètes.
 
   La couleur s'évapore en volutes salées,
 Je reste sur la grève en âme solitaire,
 Qui dans l'obscurité font le tour de la terre.
 
 Et je pars avec eux.